Paris, France- September 5, 2001
DOSSIER INDUSTRIE
Biobank, le Softbank des biotechnologies

L’ex-président et fondateur de Genset, Pascal Brandys, a choisi San Diego comme siège de sa nouvelle société, un holding qui prend des participations dans des projets de biotechnologie dont elle aide à assembler les bases.

Pascal Brandys, l’ex-président et fondateur de Genset, sera-t-il le Masayoshi Son de la biotechnologie? En tout cas, avec Biobank, il se propose de transposer à la biotechnologie le modèle qui a fait le succès de la société d’investissement japonaise Softbank dans l’informatique.

Pour l’instant, l’empire putatif se limite à une structure légère: société de gestion et fond d’investissement qu’il dirige aves ses deux associées, Agnès Le Saux-Narjoz, ex-responsable marketing de Genset, et Elizabeth Silverman, ex-analyste de Robertson Stephens. Installé au premier étage d’un petit immeuble qui domine l’artère principale de Del Mar comme une sorte de tour de contrôle, le siège de San Diego est bien loin des fastes de la rue Royale, où les bureaux de Genset avaient été dessinés par l’architecte italien Massimo Quendolo. Mais qu’importe, les locaux de Del Mar sont en phase avec l’âge de l’entreprise (à peine un an) et s’inscrivent naturellement dans un contexte local beaucoup plus décontracté. C’est d’ailleurs tout à fait en connaissance de cause, que Pascal Brandys a choisi d’établir ses nouvelles bases à San Diego. Il en apprécie depuis longtemps les avantages: richesse du tissue scientifique, goût de l’effort et du risque…Et qualité de vie.

Résolument international

Ses premiers contacts professionnels avec le sud de la Californie datent des années 80 lorsqu’il dirigeait à Tokyo la société de capital-risque Unihon Ventures. Il avait alors noué des contacts avec les premières entreprises de biotechnologie de San Diego. Ensuite, c’est là qu’il avait choisi d’installer la filiale américaine de Genset.

Aujourd’hui, c’est encore là qu’il a situé le centre de gravité de Biobank, “compte tenu de poids de la composante américaine dans l’industrie de la biotechnologie et de son dynamisme,” explique-t-il. Deux de premiers projets sont d’ailleurs développés à San Diego, l’un dans l’instrumentation (Genteon), et l’autre dans la thérapie cellulaire et la transplantation (Stell). Mais pas question pour autant de restreindre son horizon.

Dès son origine, Biobank se veut en effet résolument international avec une base américaine, une base européenne et bientôt des infrastructures en Asie, à Singapour. Des projets sont déjà initiés en Europe, qui devraient être annoncés prochainement. “Il est intéressant pour Biobank de diversifier son portefeuille tant sur le plan technologique que géographique et, pour les sociétés que nous finançons, c’est un atout de pouvoir bénéficier très tôt d’un réseau international,” explique Pascal Brandys. Et puis, si Biobank reprend un modèle déjà validé dans un autre secteur, elle est surtout l’aboutissement des expériences combinées de ses fondateurs dans l’univers de la finance et à la direction opérationnelle d’une entreprise. La structure de holding opérationnel de Biobank doit, en effet, permettre de se libérer des contraintes et des limites de celles-ci.

Effet de levier financier

“Dans une grande entreprise, on doit sans cesse renoncer à exploiter des idées parce qu’il faut se concentrer sur le coeur de métier. Avec une structure de holding, il n’y a pas de limitation théorique. En même temps, chaque participation bénéficie de l’effet de taille de l’ensemble et du pool de compétences réunies dans le holding.” C’est pourquoi, les functions finance, propriété industrielle ou développement commercial notamment restent au niveau du holding. “Cela permet aux créateurs de l’entreprise de se concentrer sur le coeur technologique du projet.”

En outre, une telle structure présente aussi des avantages financiers. La participation de Biobank restant supérieure à 30% lui assure le contrôle et, dans la mesure où c’est l’argent des fondateurs de Biobank qui est investi en même temps que celui des porteurs de projets, l’incitation est particulièrement forte.

Enfin, l’effet de levier financier devrait être important puisqu’il sera possible de lever de l’argent au niveau du holding et aussi au niveau de chaque participation au fur et à mesure de sa montée en puissance. Actuellement, la société de biotechnologie la plus proche de ce mode de fonctionnement est Genzyme, qui crée de nouvelles entités susceptibles de lever de l’argent, chaque fois qu’elle veut développer une nouvelle technologie,” conclut Pascal Brandys.