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L’ex-président
et fondateur de Genset, Pascal Brandys, a choisi San Diego comme
siège de sa nouvelle société, un holding qui prend des participations
dans des projets de biotechnologie dont elle aide à assembler les
bases.
Pascal
Brandys, l’ex-président et fondateur de Genset, sera-t-il le Masayoshi
Son de la biotechnologie? En tout cas, avec Biobank, il se propose
de transposer à la biotechnologie le modèle qui a fait le succès
de la société d’investissement japonaise Softbank dans l’informatique.
Pour
l’instant, l’empire putatif se limite à une structure légère: société
de gestion et fond d’investissement qu’il dirige aves ses deux associées,
Agnès Le Saux-Narjoz, ex-responsable marketing de Genset, et Elizabeth
Silverman, ex-analyste de Robertson Stephens. Installé au premier
étage d’un petit immeuble qui domine l’artère principale de Del
Mar comme une sorte de tour de contrôle, le siège de San Diego est
bien loin des fastes de la rue Royale, où les bureaux de Genset
avaient été dessinés par l’architecte italien Massimo Quendolo.
Mais qu’importe, les locaux de Del Mar sont en phase avec l’âge
de l’entreprise (à peine un an) et s’inscrivent naturellement dans
un contexte local beaucoup plus décontracté. C’est d’ailleurs tout
à fait en connaissance de cause, que Pascal Brandys a choisi d’établir
ses nouvelles bases à San Diego. Il en apprécie depuis longtemps
les avantages: richesse du tissue scientifique, goût de l’effort
et du risque…Et qualité de vie.
Résolument
international
Ses
premiers contacts professionnels avec le sud de la Californie datent
des années 80 lorsqu’il dirigeait à Tokyo la société de capital-risque
Unihon Ventures. Il avait alors noué des contacts avec les premières
entreprises de biotechnologie de San Diego. Ensuite, c’est là qu’il
avait choisi d’installer la filiale américaine de Genset.
Aujourd’hui,
c’est encore là qu’il a situé le centre de gravité de Biobank, “compte
tenu de poids de la composante américaine dans l’industrie de la
biotechnologie et de son dynamisme,” explique-t-il. Deux de premiers
projets sont d’ailleurs développés à San Diego, l’un dans l’instrumentation
(Genteon), et l’autre dans la thérapie cellulaire et la transplantation
(Stell). Mais pas question pour autant de restreindre son horizon.
Dès
son origine, Biobank se veut en effet résolument international avec
une base américaine, une base européenne et bientôt des infrastructures
en Asie, à Singapour. Des projets sont déjà initiés en Europe, qui
devraient être annoncés prochainement. “Il est intéressant pour
Biobank de diversifier son portefeuille tant sur le plan technologique
que géographique et, pour les sociétés que nous finançons, c’est
un atout de pouvoir bénéficier très tôt d’un réseau international,”
explique Pascal Brandys. Et puis, si Biobank reprend un modèle déjà
validé dans un autre secteur, elle est surtout l’aboutissement des
expériences combinées de ses fondateurs dans l’univers de la finance
et à la direction opérationnelle d’une entreprise. La structure
de holding opérationnel de Biobank doit, en effet, permettre de
se libérer des contraintes et des limites de celles-ci.
Effet
de levier financier
“Dans
une grande entreprise, on doit sans cesse renoncer à exploiter des
idées parce qu’il faut se concentrer sur le coeur de métier. Avec
une structure de holding, il n’y a pas de limitation théorique.
En même temps, chaque participation bénéficie de l’effet de taille
de l’ensemble et du pool de compétences réunies dans le holding.”
C’est pourquoi, les functions finance, propriété industrielle ou
développement commercial notamment restent au niveau du holding.
“Cela permet aux créateurs de l’entreprise de se concentrer sur
le coeur technologique du projet.”
En
outre, une telle structure présente aussi des avantages financiers.
La participation de Biobank restant supérieure à 30% lui assure
le contrôle et, dans la mesure où c’est l’argent des fondateurs
de Biobank qui est investi en même temps que celui des porteurs
de projets, l’incitation est particulièrement forte.
Enfin,
l’effet de levier financier devrait être important puisqu’il sera
possible de lever de l’argent au niveau du holding et aussi au niveau
de chaque participation au fur et à mesure de sa montée en puissance.
Actuellement, la société de biotechnologie la plus proche de ce
mode de fonctionnement est Genzyme, qui crée de nouvelles entités
susceptibles de lever de l’argent, chaque fois qu’elle veut développer
une nouvelle technologie,” conclut Pascal Brandys.
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